CHIBANIS AU MAROC

Le bled au quotidien

Certains chibanis décident de rentrer au bled et s’y installer d’une manière définitive. La plupart rejoignent leur famille restée sur place. Ils peuvent ainsi goûter au repos du guerrier, retrouver une vie de famille, et rétablir une autorité longtemps déniée au sein de la famille. Ils règnent ainsi sur un groupe de personnes, enfants et brus, et les petits enfants qu’ils gâtent à outrance.

Le retour du chibanis crée une nouvelle situation au sein de la famille. Il redistribue les cartes du pouvoir et de la décision qui passent ainsi des mains de la maman ou du fils aîné au chibani. Désormais c’est lui, et lui seul qui peut et qui décide. Rien ne peut être entrepris et aucune décision prise sans son consentement. Il est consulté et son avis est toujours primé.

Mais son vrai pouvoir, il est financier, c’est son porte monnaie, il est la bourse, le pourvoyeur d’argent pour les autres. Désormais, le fils qui gère les finances de la famille et en dispose comme bon lui semble sans compte à rendre à personne, se retrouve sous le joug du père. Celui-ci n’apprécie guère ce qu’il appelle, le caractère dispendieux des enfants qui lapident de l’argent dont ils ne savent guère la difficulté d’en gagner.

Leurs femmes retrouvent ou consolident, elles aussi, une autorité de maitresse de maison qu’elles ont du céder au profit de leurs brus, surtout celle dont le mari gère les finances de la famille en l’absence du chibani. Elles gèrent les provisions, les produits alimentaire mis en magasin. Elles distillent, parfois parcimonieusement , thés, sucres, farines, huiles, aux brus qui s’occupent de faire à manger et se retrouvent être plus respectées qu’auparavant.

Une autorité contestée

La prise en main des rênes du pouvoir par le chibani et surtout la privation des enfants de la manne financière qu’ils géraient en toute liberté crée, parfois, des situations de révoltes, voire d’insurrection, des membres de la famille. De l’épouse qui se retrouve sous le joug du mari, aux enfants qui sont obligés de quémander de quoi prendre un café, tous se liguent contre le chibani qu’ils accusent de se conduire en véritable despote. Il impose à tous de se lever au aurores comme il le faisait avant la retraite, exige la prise des repas à heures fixes sans l’absence injustifiée des uns et des autres.

Le chibani est mis à l’écart, finit par se créer une vie de solitaire au sein de sa famille, prend ses repas seul, lâche du lest et retrouve en paix avec les autres. Il donne un caractère religieux à sa vie en assistant au déroulement des prières quotidiennes à la mosquée. Il entreprit le pèlerinage aux lieux saints de l’islam avec son épouse.

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