Chibanis des compétences

Etre Chibanis, c’est l’aboutissement de toute une vie professionnelle. C’est 30 ans ou 40 ans d’exercice d’un métier ou de plusieurs métiers. C’est accumuler des expériences enrichissantes au contact de collègues et de responsables. Nos chibanis ont exercé, en majorité dans le bâtiment et les travaux publics, quelques uns dans les mines et d’autres plus chanceux aux chemins de fer. Ils ont occupé des postes subalternes là où ils se trouvent , Nombre n’ont pas pu évolué vers des postes de maitrise ou de responsables, faute d’avoir eu les opportunités de reconversion ou de progression tout au long de leur carrière. Les jeunes ouvriers étaient débarqués en France souvent en tant que main d’oeuvre qui doit exécuter les ordres, obéir et non commander. Beaucoup ont appris le métier sur le tas.

A la fin de leurs carrières, ils sont devenus de vrais professionnels d’un métier ou plusieurs, ayant acquis expériences et compétences. Certains chibanis, une fois retraités, mettent leur avoir faire au service des associations culturelles ou cultuels, participant bénévolement à des travaux d’embellissement ou de réfection de locaux associatifs ou de lieux de culte, aides qu’ils exercent volontiers en espérant qu’ALLAH agrée et accepte cet effort au profit des humains.

Malgré ces expériences et ces compétences, nos chibanis ne sont guère, ou très peu, sollicités pour mettre leur savoir et leur savoir – faire, d’une manière organisée et structurée, au profit de la société et des individus. Il faut canaliser ces énergies, encourager les chibanis à transmettre savoirs et expériences aux plus jeunes, que ce soit au pays d’accueil et/ou celui d’origine. L’un et l’autre en a grandement besoin. C’est aux pouvoirs publics, mais aussi à la société civile et aux associations à la fois de venir en aide à ces chibanis et en même temps de mettre au profits leurs compétences.